Il arrive qu’un enfant, un jour, entrouvre la porte. Une phrase glissée, un dessin, un « je n’aime pas quand… ». Ce qui se joue alors dépend beaucoup de la réaction de l’adulte en face. Voici ce qui aide vraiment.
Écouter, sans s’effondrer ni enquêter
L’enfant a besoin de sentir que l’adulte peut tout entendre sans se briser. On l’écoute jusqu’au bout, sans l’interrompre, sans le noyer sous les questions. Il n’est pas nécessaire — ni souhaitable — de connaître tous les détails : ce n’est pas à vous de mener l’enquête, mais aux professionnels.
Le croire, et le déculpabiliser
Ne jamais mettre en doute sa parole, même si le récit paraît flou ou difficile à concevoir. Ce n’est pas à vous d’en juger la véracité. Dites-lui clairement qu’il n’y est pour rien : la culpabilité et la honte sont au cœur de la stratégie des agresseurs. Un enfant rassuré sur le fait qu’il n’est pas coupable est un enfant qui pourra continuer à parler.
Ce qu’il vaut mieux éviter
- jouer les enquêteurs et multiplier les questions intrusives ;
- promettre le secret : on ne peut pas garder pour soi une situation de danger ;
- confronter soi-même la personne mise en cause, surtout au sein de la famille.
Noter, puis transmettre
Après la confidence, notez par écrit, aussi fidèlement que possible, les mots exacts de l’enfant. Ce verbatim sera précieux pour les professionnels. Puis transmettez : un signalement au procureur, une information préoccupante à la cellule départementale (CRIP), ou un appel au 119 en cas de doute.
N’importe quel adulte de confiance — parent, proche, enseignant, entraîneur — peut être ce relais. Chacun peut sauver.
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