Une enquête publiée par Le Monde le 10 août 2026 met en cause l’animateur et fondateur du média Legend, Guillaume Pley, pour des échanges en ligne à caractère sexuel avec plusieurs mineures. Les faits rapportés n’ont pas donné lieu à une condamnation et doivent être présentés avec la prudence qu’impose la présomption d’innocence.
Des conversations Facebook datant de 2011
Le Monde indique avoir consulté une conversation Facebook datant de 2011 entre le compte privé de l’animateur, alors âgé de 26 ans, et une adolescente de 14 ans. Le journal rapporte que les messages auraient progressivement pris une tournure sexuelle, alors que l’âge de l’adolescente était connu.
L’enquête journalistique s’appuie également sur d’autres témoignages concernant des échanges en ligne avec des mineures. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’un jugement pénal : les éléments publiés sont des accusations rapportées par la presse.
Ce que répond Guillaume Pley
Par l’intermédiaire de son porte-parole, Guillaume Pley conteste les accusations. Sa défense affirme notamment que ses comptes pouvaient être cogérés et indique qu’il se réserve la possibilité d’engager des poursuites contre les publications qu’il estime mensongères. Le Monde précise que, dans la conversation examinée, rien ne signalait l’intervention d’une autre personne.
Rappeler cette réponse est indispensable : une enquête de presse ne remplace ni l’enquête judiciaire ni le procès.
Pourquoi les échanges privés doivent alerter
Cette affaire remet en lumière un mécanisme fréquent dans les situations de grooming ou de pédopiégeage : la conversation commence dans un espace banal, puis glisse progressivement vers l’intime et le sexuel. Plusieurs signaux doivent attirer l’attention :
- un adulte qui insiste pour poursuivre la discussion en privé ;
- des questions sexuelles ou des demandes d’images adressées à un mineur ;
- la recherche d’un secret entre l’adulte et l’enfant ;
- la proposition d’une rencontre sans en parler aux parents ;
- la culpabilisation ou le chantage lorsque le jeune veut interrompre l’échange.
La notoriété, le métier ou l’apparente sympathie d’un interlocuteur ne constituent jamais une garantie de sécurité.
Conserver les preuves sans les diffuser
Lorsqu’un mineur reçoit des messages sexuels, il est important de ne pas effacer immédiatement la conversation. Des captures d’écran montrant le profil, les dates et le contexte peuvent aider les professionnels et les enquêteurs. Elles ne doivent toutefois pas être publiées sur les réseaux sociaux, surtout si elles exposent l’identité ou l’image du mineur.
Un enfant ou un adolescent piégé en ligne n’est jamais responsable de ce qu’un adulte lui a demandé.
Où demander de l’aide ?
Face à une sollicitation sexuelle en ligne visant un mineur :
- le 3018 accompagne les jeunes et les familles confrontés aux violences numériques ;
- la plateforme Pharos permet de signaler un contenu ou un comportement illicite sur Internet ;
- le 119 répond lorsqu’un enfant est en danger ou risque de l’être ;
- en cas d’urgence immédiate, appelez le 17 ou le 112.
Brisons le Secret peut également écouter la victime ou ses proches et les orienter, sans jugement et en toute confidentialité.