Une enquête publiée par Le Monde le 6 août 2026 met en lumière un volet encore peu connu de la protection de l’enfance : prévenir un premier passage à l’acte pédocriminel, ou une récidive, grâce à une orientation médicale spécialisée.
Le dispositif STOP, qu’est-ce que c’est ?
Lancé en 2020 par la Fédération française des centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (CRIAVS), le Service téléphonique d’orientation et de prévention, ou STOP, s’adresse aux personnes préoccupées par une attirance sexuelle envers des enfants ou par des pensées qu’elles craignent de ne plus maîtriser.
L’objectif est clair : permettre une demande d’aide avant qu’un enfant ne soit victime. La ligne offre un premier accueil confidentiel, puis une orientation vers des médecins, psychologues ou infirmiers formés.
4 577 appels reçus en 2025
Selon les données rapportées par Le Monde, STOP a reçu environ 4 577 appels en 2025, soit trois fois plus qu’à son lancement. Environ 60 % provenaient d’hommes évoquant des fantasmes ou des pensées envahissantes ; les autres appels venaient notamment de proches ou de professionnels de santé.
Près de 300 appels auraient débouché sur une prise en charge. Cet écart rappelle combien il reste difficile de transformer une première démarche en suivi durable, mais chaque accompagnement engagé peut contribuer à éviter des violences.
Pédophilie et pédocriminalité : ne pas confondre
La pédophilie désigne une attirance sexuelle envers les enfants. La pédocriminalité désigne des actes interdits commis contre des mineurs, notamment les agressions, la corruption de mineur, le grooming ou la consultation et la diffusion de contenus pédocriminels.
Cette distinction ne minimise aucun danger. Elle permet au contraire d’agir au bon moment : proposer des soins à une personne qui demande de l’aide n’enlève rien à l’obligation de protéger les enfants ni à la responsabilité pénale en cas d’infraction.
La confidentialité connaît une limite : le danger
L’écoute proposée par STOP est confidentielle. Toutefois, lorsqu’un enfant paraît être en danger, les professionnels peuvent transmettre un signalement au procureur. La sécurité du mineur reste prioritaire.
Prévenir le passage à l’acte ne revient pas à excuser : c’est empêcher qu’un enfant devienne une victime.
Comment protéger un enfant aujourd’hui ?
La prévention spécialisée complète les réflexes que chaque adulte peut adopter :
- écouter un enfant sans le culpabiliser s’il se confie ;
- conserver les preuves d’une sollicitation sexuelle en ligne sans les rediffuser ;
- contacter le 3018 face aux violences numériques ou au grooming ;
- appeler le 119 lorsqu’un enfant est en danger ou risque de l’être ;
- composer le 17 ou le 112 en cas d’urgence immédiate.
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