Le 28 mai 2025, la cour criminelle du Morbihan, à Vannes, a condamné l’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec à 20 ans de réclusion — la peine maximale —, dont deux tiers de période de sûreté. Au terme de trois mois d’audience, c’est le point final de la plus grande affaire de pédocriminalité jamais jugée en France.
L’ampleur des faits
299 victimes se sont succédé à la barre. L’ex-chirurgien, âgé de 74 ans, était jugé pour des centaines d’agressions sexuelles et de viols sur mineurs, commis de 1989 à 2014, souvent dans les hôpitaux où il exerçait. Il n’a pas fait appel, affirmant ne pas vouloir imposer un nouveau procès aux parties civiles.
Les défaillances qui interrogent
Ce dossier n’est pas seulement celui d’un homme : c’est celui d’un système qui n’a pas vu, ou pas voulu voir. Le Scouarnec avait déjà été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques — sans que cela déclenche, à l’époque, de contrôle sérieux de la part des autorités sanitaires ou de l’Ordre des médecins. Il a continué d’opérer, et d’agresser, pendant des années.
Combien d’alertes faut-il pour qu’un signalement soit enfin pris au sérieux ?
Ce que ce procès change
Au-delà de la peine, ce procès a fait exister publiquement la parole de centaines de victimes, longtemps restées invisibles. Il rappelle une vérité que notre association porte au quotidien :
- un signalement, même ancien, compte ;
- le temps ne doit pas effacer les faits ;
- croire et transmettre la parole d’un enfant peut interrompre une série.
Le parquet a par ailleurs ouvert des enquêtes concernant d’éventuelles victimes non encore identifiées.
Vous êtes concerné·e ?
Si ce procès fait remonter des souvenirs, vous n’êtes pas seul·e. Il n’est jamais « trop tard » pour être écouté·e. Vous pouvez nous confier votre situation en toute confidentialité, ou appeler le 119 pour un enfant en danger. Pour les victimes majeures de faits anciens, des dispositifs d’écoute et d’accompagnement existent — nous vous orientons.