Sous la pression des associations et des autorités, Meta a annoncé le déploiement de « Comptes Adolescents » sur Instagram, un cadre censé mieux protéger les utilisateurs mineurs. La nouveauté, d’abord lancée aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Australie, doit arriver en France d’ici la fin de l’année.
Ce qui change pour les moins de 16 ans
Les adolescents concernés basculent automatiquement dans un compte plus restrictif, avec plusieurs garde-fous :
- compte privé par défaut : le profil n’est pas visible de n’importe qui ;
- messages filtrés : seuls les comptes déjà suivis ou connus peuvent écrire à l’adolescent ;
- contenus sensibles limités ;
- temps d’écran encadré : rappel au bout d’une heure et « mode sommeil » qui coupe les notifications la nuit.
Pour assouplir ces réglages, un mineur de moins de 16 ans doit obtenir l’accord de ses parents via la supervision parentale.
Le nerf de la guerre : la vérification de l’âge
Le dispositif ne vaut que si l’âge déclaré est exact — or un adolescent peut mentir. Meta indique renforcer les contrôles : si un jeune tente de se vieillir, la plateforme peut lui demander de prouver son âge (pièce d’identité, courte vidéo) et teste une intelligence artificielle capable de repérer les comptes d’adolescents déguisés en adultes.
L’entreprise refuse toutefois de vérifier l’âge de tous ses utilisateurs, estimant qu’un tel contrôle devrait plutôt se faire au niveau du système d’exploitation des smartphones.
Ce que nous en retenons
C’est une avancée réelle : réduire les messages non sollicités, c’est précisément couper l’une des portes d’entrée du grooming. Mais aucun réglage ne remplace le dialogue à la maison. Les protections techniques colmatent une partie des failles ; la conversation avec l’enfant reste la meilleure protection.
- gardez les échanges ouverts, sans dramatiser ;
- expliquez qu’un inconnu « sympa » qui insiste ou demande le secret doit alerter ;
- rappelez qu’on peut tout vous dire, sans crainte d’être grondé.
En cas de sollicitation déplacée, le réflexe reste le même : ne pas répondre, conserver les captures, bloquer et signaler au 3018. Danger sur un mineur : 119. Et vous pouvez toujours nous confier une situation.