Coco.gg, le tchat devenu repaire de prédateurs, fermé par la justice

Le parquet de Paris a annoncé la fermeture du site de chat Coco.gg, associé à plus de 23 000 procédures judiciaires en trois ans. Une décision saluée par les associations de protection de l’enfance.

C’est une décision que de nombreuses associations réclamaient depuis des années. Le 25 juin 2024, le parquet de Paris a annoncé la fermeture de Coco.gg (anciennement coco.fr), un site de chat gratuit et sans inscription lancé en 2003. L’opération a été menée par la gendarmerie et les douanes, à la demande de la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée.

Un « facilitateur » de crimes

Sans inscription, sans réelle vérification d’âge, Coco.gg était devenu au fil des ans une plaque tournante d’activités criminelles : pédocriminalité, proxénétisme, guet-apens, trafic de stupéfiants, agressions. Un mineur qui s’y présentait recevait en quelques minutes des sollicitations à caractère sexuel.

Les chiffres avancés par la justice donnent la mesure du phénomène : entre janvier 2021 et mai 2024, plus de 23 000 procédures judiciaires liées au site auraient été ouvertes dans des dizaines de parquets, impliquant des centaines de victimes.

Des affaires dramatiques

Le nom du site est apparu dans plusieurs faits divers tragiques, notamment des guet-apens tendus à des victimes attirées par de faux profils, parfois avec une issue mortelle. Sa fermeture avait déjà été réclamée par des associations dénonçant des embuscades visant notamment des personnes homosexuelles.

Quatre interpellations

La fermeture s’est accompagnée de l’interpellation de plusieurs personnes, dont le créateur du site, arrêté à l’étranger, et de présumés administrateurs. L’immatriculation du service à l’étranger avait longtemps compliqué l’action judiciaire ; c’est une coopération internationale qui a permis de lever ces obstacles.

Ce que cela nous apprend

La fermeture d’une plateforme ne fait pas disparaître le danger — des sites successeurs apparaissent déjà. Mais elle rappelle une chose essentielle : l’impunité en ligne n’est pas une fatalité. La vigilance des citoyens, les signalements et la coopération des autorités peuvent faire tomber ces espaces.

Si vous ou un proche avez été confronté·e à une situation via ce type de site, vous pouvez nous la confier, ou la signaler sur internet-signalement.gouv.fr (plateforme Pharos). En cas de danger sur un mineur : 119.

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