Installée en 2021, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a recueilli des dizaines de milliers de témoignages. Ses travaux mettent des chiffres sur une réalité longtemps tue.
Des chiffres qui donnent le vertige
Selon la Commission, 160 000 enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année en France. À l’échelle d’une vie, ce sont plusieurs millions d’adultes qui déclarent avoir subi de telles violences durant leur enfance. Autre constat glaçant : dans les affaires d’inceste, une infime minorité d’agresseurs est condamnée.
Un phénomène massif et sous-révélé
La CIIVISE insiste sur un point : ces violences restent largement invisibles, parce qu’elles sont rarement dévoilées au moment où elles se produisent. La honte, la peur, l’emprise et le déni de l’entourage retardent la parole, parfois de plusieurs décennies. La minimisation reste répandue, y compris chez des personnes convaincues de « savoir » ce qu’est l’inceste.
Des recommandations pour changer de culture
À partir des témoignages reçus, la Commission a formulé un ensemble de préconisations couvrant tout le parcours des victimes. Parmi les axes forts :
- le repérage systématique, en interrogeant plus souvent et plus tôt les enfants sur ce qu’ils vivent ;
- la question de la prescription, pour ne plus opposer le temps écoulé aux victimes ;
- l’accès à des soins spécialisés du psychotraumatisme, considérés comme une forme de réparation.
Pourquoi cela nous concerne toutes et tous
Ces travaux rappellent une évidence : protéger les enfants n’est pas l’affaire des seules institutions. Chaque adulte peut être le premier maillon — celui qui croit un enfant, recueille sa parole et la transmet. C’est précisément le sens de notre engagement.
En cas de doute ou de danger concernant un mineur, le 119 répond gratuitement, 24h/24.