Ils se présentent comme de simples citoyens — des pères, des mères — décidés à traquer les prédateurs sur Internet. Ces dernières années, les collectifs de « chasseurs de pédocriminels » se sont multipliés. Leur action interroge autant qu’elle fascine.
Le principe : de faux profils pour démasquer
La méthode repose sur des comptes fictifs d’adolescents. Lorsqu’un adulte tente d’obtenir un rendez-vous ou des images à caractère sexuel, le collectif documente l’échange. Certains groupes revendiquent des règles éthiques strictes, refusant toute forme d’incitation, et transmettent leurs dossiers — captures à l’appui — à la justice. Plusieurs mises en examen ont suivi ce type de signalements.
La ligne rouge : se faire justice soi-même
Mais tous les collectifs ne respectent pas ce cadre. Des groupes ont basculé dans le passage à tabac, la séquestration et la diffusion en direct des violences. Résultat : ces « justiciers » se retrouvent eux-mêmes poursuivis, pour association de malfaiteurs et violences. En voulant punir, ils commettent des délits — et fragilisent les procédures contre les véritables suspects.
Pourquoi la prudence s’impose
- une preuve obtenue hors cadre légal peut être écartée d’un procès ;
- une personne peut être faussement accusée et lynchée publiquement ;
- l’exposition en ligne peut alerter le suspect et faire disparaître les preuves.
La bonne démarche
Le réflexe utile n’est pas de piéger soi-même, mais de signaler aux autorités compétentes, qui disposent des moyens légaux d’enquêter :
- la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) ;
- le 3018 pour les violences numériques visant les mineurs ;
- le 119 en cas de danger sur un enfant.
Protéger un enfant, c’est permettre une condamnation solide — pas offrir à un coupable une porte de sortie.
Un doute, une situation à confier ? Écrivez-nous : nous vous orienterons vers le bon canal.